Quand on lit d’abord la décision de S&P, on pourrait penser à une simple formalité technique. En réalité, ce maintien de notation reflète une appréciation valorisante de la trajectoire économique du pays, tout en soulignant un équilibre fragile entre opportunités et vulnérabilités.
L’agence salue les avancées structurelles et la capacité du royaume à attirer des capitaux, mais elle n’ignore pas les risques externes, notamment l’impact des tensions au Moyen‑Orient, qui continuent de peser sur les coûts de l’énergie et la demande extérieure. Ces éléments restent des facteurs de volatilité qui pourraient, en cas de détérioration notable, hypothéquer la stabilité financière.
Sur le front de la croissance, les projections sont solides. S&P anticipe une croissance moyenne d’environ 4,4 % entre 2026 et 2029, avec une performance attendue supérieure à 4,8 % en 2025, portée par des secteurs clés comme le tourisme, l’agriculture, l’industrie et la construction. Cette dynamique est corroborée par les prévisions du FMI, qui prévoit une croissance du PIB réel de 4,4 % en 2026 et 4,5 % en 2027, soutenue par un plan d’investissements et des réformes structurelles.
Dans les faits, cela se ressent sur le terrain : les chantiers d’infrastructures, l’essor du secteur touristique et les efforts pour attirer des investissements étrangers continuent de créer des emplois et de renforcer la résilience économique.
Pourtant, toutes les bonnes nouvelles ne doivent pas faire oublier les défis persistants. L’économie dépend toujours fortement des importations d’énergie plus de 90 % des besoins énergétiques sont importés, exposant le pays à la volatilité des prix internationaux. Le marché du travail reste tendu, avec un taux de chômage qui reste élevé malgré une légère amélioration.
Un autre point sensible est le déficit courant et la gestion des réserves étrangères, qui nécessitent une prudence accrue pour maintenir l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux.
En somme, la confirmation de la note BBB‑ stable par S&P est une bonne nouvelle mais pas une fin en soi : elle souligne l’efficacité des réformes tout en rappelant que la route vers une croissance inclusive et durable exige encore des ajustements courageux, notamment autour de l’énergie, de l’emploi et de la compétitivité.